samedi 31 mai 2014

Les noms des personnages (divagation sur l'écriture 1)

J'ignore comment les autres auteurs procèdent, mais pour moi, choisir le nom des personnages d'un nouveau roman est toujours un véritable casse-tête.
Quand on y pense, il s'agit de personnes fictives. Un auteur peut ouvrir le calendrier au hasard et leur donner le nom du premier saint sur lequel il tombe. Pourtant, je n'arrive pas à m'y résoudre. Je passe souvent des jours entiers à parcourir des sites tels que "Bébé bientôt ? Le meilleur moteur de recherche pour prénoms" ou "Les vrais noms des rappeurs" (ils sont souvent encore plus croustillants que les faux), je scrute les génériques de films et de séries télévisées pour regarder le nom des membres de l'équipe technique à la recherche de l'inspiration...
Parfois, je me demande si je ne passe pas plus de temps à choisir les noms de mes personnages qu'à construire l'intrigue.
Généralement, les prénoms que j'utilisent sont des références à des personnages d'autres romans, de films, de série ou à des personnes réelles. Il arrive aussi qu'il y ait un lien entre l'étymologie du nom ou prénom que j'utilise et la fonction du personnage dans le roman.
Il arrive qu'un nom s'impose de lui-même. "Alice Crane" a été une évidence avant même que je ne commence à réfléchir à l'intrigue. Ce nom me semblait si familier que j'ai d'abord pensé qu'il s'agissait de l'héroïne d'un film ou d'un livre que j'avais oublié. Il s'avère que non.
Décortiquer ce nom est assez simple : Alice entre dans un monde étrange et effrayant dont elle pourrait ne jamais sortir et le nom de famille Crane vient de Sleepy Hollow, dans lequel Ichabod Crane se sert d'une médecine légale balbutiante pour résoudre les crimes du Cavalier sans tête.

Le prénom de "Jeffrey McLaughan" dans Dream Box vient de La vie trop brève d'Edwin Mullhouse, écrivain américain, 1943-1954, par Jeffrey Cartwright de Steven Millhauser. J'ai lu ce livre il y a de très nombreuses années, mais il m'avait alors beaucoup marquée. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il s'agit de l'histoire d'un "prodige" mort de façon prématurée racontée par son "biographe" de onze ans, Jeffrey Cartwright. Le prodige n'étant pas forcément celui que l'on croit... Ce livre est à la fois très intelligent et très drôle, contrairement à ce que le thème pourrait laisser penser.

Nommer des personnages est compliqué, mais aussi intéressant... et on risque moins gros qu'en nommant de véritables enfants (je n'ai personnellement jamais eu de réclamation). Il est aussi toujours possible de changer d'avis. Le nom de Keryam (Edencity - Alice Crane) a dû se "fixer" tout seul. Je ne trouvais rien, alors je l'ai appelé comme ça me venait. J'écris très vite et il m'arrive d'oublier le nom d'un personnage en cours de route quand il n'apparaît pas régulièrement. Ici, je n'ai jamais vérifié son nom. Il a été appelé Lilliam, Kirian... suivant les passages. Une fois le livre terminé, j'ai fait un petit recensement et j'ai pris le nom qui revenait le plus souvent. C'était Keryam.

Une erreur que je commettais souvent dans mes premiers manuscrits était de donner des noms trop similaires aux personnages, ce qui va conduire le lecteur à les mélanger. C'est d'autant plus important dans un roman comprenant beaucoup de points de vue différents. Dans la première version de Sous l'eau qui dort, Grace s'appelait Cora. En présentant ce texte à des éditeurs, je me suis aperçue que tout le monde confondait donc Cora avec Claudia, à cause de la similarité graphique des deux noms.

L'année dernière, j'ai écrit deux romans se passant au Japon. Le premier , Le miroir aux sortilèges, paraît d'ailleurs le mois prochain (comme le temps passe vite...). Le second mérite encore d'être travaillé  et n'a pas encore quitté ma clé USB. Mais avoir un roman se passant dans un pays qui utilise des caractères chinois pour former les noms ajoute une dimension encore plus intéressante au choix des noms des personnages puisque chaque caractère formant ces noms signifie quelque chose. Le nom peut donc être une sérieuse indication sur les caractéristiques du personnage ou sur ce qui va lui arriver au cours du roman.
L'héroïne du Miroir aux sortilèges s'appelle Misaki. Dans mon cas, son prénom s'écrit 美咲, le premier caractère (Mi) signifie belle, beauté, tandis que le second (Saki) indique la floraison. Or, ce personnage est la présidente du club d'Ikebana (art de l'arrangement floral) de son collège. Son prénom est donc une indication sur son hobby.
Il est vrai que ce type de référence ne sera pas comprise par beaucoup de personnes, puisqu'il faut connaître les caractères chinois pour les comprendre, mais je trouve tout de même ça intéressant. Il suffit qu'un ou deux lecteurs remarque l'effort qu'on a fait pour choisir les noms de ses personnages pour que ça en vaille la  peine, non ?

mercredi 28 mai 2014

Dream Box

Dream Box paraît aujourd'hui (même s'il était déjà en vente sur Amazon depuis une semaine... les bizarreries de la vente en ligne). Bref, le voilà :


Oui, je trouve que la couverture donne une fausse image du livre. Vraiment figée et sombre. Je pense que les lapins devraient être ajoutés, histoire de l'égailler un peu.
Il est question de fantastique, de meurtre et d'ombres... mais aussi d'amour et d'espoir ! (bon, il n'y a pas de lapins dans l'histoire, je l'avoue)
Peut-être que je devrais aussi emmener les lapins dans les salons du livre ? Ils attireraient sûrement les foules.

Bref, Dream Box est l'un des livres sur lesquels j'ai le plus travaillé. Il s'agit de suivre un personnage (Jeffrey) depuis son enfance jusqu'à l'âge adulte entre la fin des années 70 et le début les années 90 aux Etats-unis.
Le livre est découpé en trois parties, chacune du point de vue d'un personnage différent : Jeffrey, un garçon solitaire persécuté par d'étranges ombres ; Theresa, qui doit épouser l'homme que sa famille a choisi mais qui se révélera être le grand amour de la vie de Jeffrey et peut-être celle qui le sauvera de ses démons ; puis Andy, un adolescent aux pouvoirs étranges.

On m'a récemment posé des questions sur la façon dont je concevais mes romans. Celui-ci a été écrit d'une façon un peu particulière. En réalité, chaque partie illustre d'une façon assez détournée une chanson des Smashing Pumpkins.
J'ignore pourquoi. A l'époque où j'ai conçu le roman et commencé à l'écrire, j'écoutais pas mal Mellon Collie and the Infinite Sadness. Un jour, en écoutant cet album, je me suis aperçue que chacune de mes parties collait à une de ses chansons de façon évidente. Je m'en étais inspirée de façon inconsciente. 
C'était la première fois que ça m'arrivait. Habituellement, je m'inspire plus d'éléments visuels.

Si certains sont curieux, ce sont toutes d'excellentes chansons, qui méritent de toute façon d'être (ré)écoutées  

La première partie, Jeffrey, va avec Disarm : "The killer in me is the killer in you, my love"
La deuxième partie, Theresa, correspond à Tonight, tonight : "Time is never time at all, you can never ever leave without leaving a piece of youth"
La troisième, AJ, correspond à Bullet with butterfly wings : "Despite all my rage, I am still just a rat in a cage"

mercredi 26 mars 2014

Alice Crane (encore)

Le premier tome d'Alice Crane est enfin disponible !
Je peux dire que j'ai attendu la parution de celui-là pendant des années, alors c'est un vrai bonheur de le voir enfin dans les librairies.
J'espère qu'il sera à la hauteur des attentes de ceux qui connaissent déjà le monde d'Edencity et qu'il plaira à ceux qui n'avaient pas encore mis les pieds dans le monde des corbusards.

Maintenant, il ne reste plus qu'à se mettre à travailler sur le tome 2.
Les romans à paraître ne cessent de me revenir (corrections, épreuves, secondes épreuves pour chaque... ça n'arrête jamais, je commence à tous les connaître par cœur) et de m'empêcher de me mettre complètement à l'écriture. Mais je suppose que c'est aussi une bonne nouvelle. Il faut juste que je me dépêche de re-re-re(...)lire les trois manuscrits qui occupent mon bureau avant de pouvoir repartir dans le laboratoire d'Alice Crane et la cave des Délices de Bacchus.
Je promets aussi un tour chez le dirigeant vampire et dans la propriété des Fara pour ce tome 2.

Parfois, je voudrais écrire plus vite (ou relire plus vite, ou pouvoir me passer de dormir... quelqu'un aurait des gènes de corbusards à m'implanter ?).

mardi 28 janvier 2014

Parution / couverture d'Alice Crane

Voici donc la couverture du tome 1 d'Alice Crane :


Des changements mineurs seront effectués, mais dans l'ensemble ça restera comme ça.
Personnellement, je trouve que l'image retranscrit plutôt bien l'atmosphère d'Edencity. Aussi bizarre que ça paraisse (parce que moi, je n'aurais pas deviné), c'est une photo. Je ne sais pas d'où.

Il a été décidé que le titre du tome serait "Les corbusards". J'avais voté pour "Corbusards" tout court, que je trouvais plus percutant, mais l'équipe éditoriale était contre moi et ça ne fait pas une immense différence. Je le trouve aussi plutôt évocateur... bon, surtout pour les lecteurs d'Edencity, mais tout le monde devrait voir qu'il s'agit de créatures fantastiques. Non ?
Comme je l'ai brièvement expliqué, cette série reprend l'univers et tous les personnages d'Edencity. Elle continue l'histoire de la première série, même elle peut se lire de façon complètement indépendante.
Juste un avertissement : les personnages d'Edencity apparaîtront tous au cours de la série (oui, le chat aussi), mais pas dès le premier tome puisqu'il y a aussi de nouveaux personnages (Alice Crane, notamment) et qu'il m'était difficile de jongler avec autant de données de façon intelligible. Donc, inutile de m'envoyer des lettres de menaces si les personnages que vous espériez voir ne sont pas tous là immédiatement. Ils arriveront dans le tome 2, soyez sans crainte.

Ce premier tome est d'ors et déjà présent sur les sites de vente (il est même dans le classement Amazon, ce qui prouve que certaines bonnes âmes ont déjà précommandé - je vous ai dit à quel point j'aimais mes lect(rice)eurs ?).
Il sera officiellement en vente le 27 mars prochain et disponible dans toutes les bonnes librairies (et même les mauvaises, avec un peu de chance).

Le 27 mars, ça paraît loin comme ça, mais c'est un délai nécessaire. Les épreuves ne sont même pas encore corrigées...

Il n'y a pas encore de date fixée pour le tome 2, mais j'en ai discuté avec l'éditeur et la parution de celui-ci devrait intervenir dans les dix mois après le tome 1 (suivant ma propre rapidité, celle de l'éditeur et les résultats du premier tome).

Sur ce, ne reste plus qu'à se remettre au travail.
(Si quelqu'un a la machine à écrire des Tommyknockers, je suis preneuse)

vendredi 26 juillet 2013

Alice Crane (Edencity)

Alice Crane a finalement été accepté par un éditeur. La suite / spin-off d'Edencity commencera donc à paraître au Seuil jeunesse courant 2014. Elle reprend évidemment le monde et les personnages originaux d'Edencity (plus quelques personnages que je n'avais pas eu le temps d'introduire dans la série de départ), mais elle peut se lire de façon indépendante : l'éditeur d'Alice Crane n'avait pas lu Edencity et il a tout suivi sans problème même s'il a sans doute loupé quelques références.
J'ai posté un nouvel extrait dans la rubrique "A venir".
Evidemment, le reste du processus éditorial risque de prendre un peu de temps, mais je suis très heureuse de pouvoir recommencer à travailler sur le monde d'Edencity. Il y a maintenant longtemps que la série originale a été publiée et j'ai écrit un certain nombre de romans depuis, mais écrire Alice Crane a été étrangement naturel - c'était comme de rentrer chez soi après un long voyage et de retrouver de vieux amis. Je suis vraiment heureuse de pouvoir de nouveau passer mes soirées avec Lorenzo, Spencer, Saralyn et Jamara (oui, j'aime les chats...^^).
Pour tout ça, je tiens vraiment à remercier les lecteurs(rices) qui n'ont jamais cessé de réclamer une suite à Edencity, de m'écrire, et de venir me voir sur des salons du livre pour discuter d'une éventuelle suite. Sans leur patience et leur soutien, je n'aurais sans doute pas eu le courage de me replonger là-dedans sans savoir si ça allait donner quelque chose - c'est donc aussi un peu leur série.
Pour couronner nos efforts, j'espère vraiment qu'Alice Crane fonctionnera assez pour donner une seconde vie à la série originale et que la boucle puisse être bouclée du point de vue de Saralyn. Mais voir Alice Crane paraître sera déjà une grande victoire. Ce n'est qu'en recommençant à écouter Spencer être désagréable, Démétrius jouer à Dieu et Keryam comploter que je me suis rendue compte à quel point ils m'avaient tous manqué.
Alors, une fois encore : Bienvenue à Edencity et espérons que nous pourrons y demeurer quelques temps...

dimanche 2 juin 2013

Sous l'eau qui dort

Sous l'eau qui dort est enfin sorti il y a quelques jours. J'ai commencé à travailler sur ce manuscrit il y a... presque dix ans. Comme quoi, avoir un livre publié peut parfois prendre du temps - n'écoutez pas ce que vous disent les éditeurs qui refusent vos textes : il ne faut jamais abandonner, vous finirez par trouver quelqu'un qui appréciera votre oeuvre ! Bon, après, l'attente est longue... Rien que le processus éditorial, entre le moment où le manuscrit a été accepté par l'Ecole des loisirs et la parution, a pris un an et demi. Mais je trouve que l'éditeur a fait un travail formidable sur le texte (et je ne dis pas ça pour qu'ils se sentent obligés de me publier à nouveau :p).

Ce roman a été au départ inspiré par l'univers des comics américains. Je voulais utiliser les codes de ce type de littérature, devenus familiers à la plupart des européens grâce aux multiples adaptations cinématographiques de comics au cours des dix dernières années, pour parler de problèmes de société qui se posent aussi bien en France qu'aux Etats-unis... bon, et de créatures qui font peur aussi.
D'ailleurs, je suis sûre que tous les lecteurs trouveront sans problème la scène qui fait référence à Spiderman. Non ? Allez, si vous avez vu Spiderman 1, elle est évidente. 
Le roman a aussi été beaucoup influencé par mes lectures sur l'histoire de la chasse aux sorcières, dont le livre d'Erica Jong que je cite en introduction. C'est un sujet que j'ai toujours trouvé intéressant d'un point de vue humain et historique. Il est fascinant de voir ce qui peut pousser des êtres humains comme vous et moi à participer à ce genre de folie collective, qui mène parfois aux pires atrocités.
Bien sûr, ce n'est pas un roman sur l'Inquisition et j'aborde beaucoup d'autres thèmes - l'amour, la mort, l'adolescence, toute l'horreur de l'existence des lycéens impopulaires (si vous avez été à l'école, vous savez de quoi je parle)...
 Et au final, ce n'est que de la fiction (quoi que... la situation de certains des personnages ont été inspirés d'une situation réelle - je vous laisse deviner lesquels). Une histoire se déroulant dans un village de fiction quelque part près de Chippewa Falls (qui existe vraiment !).
Si elle peut vous divertir pendant 400 et quelques pages, j'aurai déjà atteint mon but.
Mais, n'oubliez pas les mises en garde de la sorcière d'Erica Jong... il en faut peu pour que la foule s'emballe et sombre dans une violence qu'elle finit par regretter à un niveau individuel. Finalement, je trouve que ce rappel tombe plutôt bien, considérant les dérives des manifestations "contre l'Autre", ces jours-ci.
Pas vous ?

mercredi 20 février 2013

Hokkaido

Finalement, Sous l'eau qui dort paraîtra en mai. Je suis impatiente de le voir enfin en "vrai livre".
Le titre du roman à paraître chez Flammarion a finalement été décidé et devrait être Une histoire terrifiante : peur sur la ville. Il paraîtra le 19 juin.
Il faudrait écrire les romans suivants, à présent... Le manuscrit d'Alice Crane est terminé et je compte le relire la semaine prochaine avant de commencer à chercher un éditeur approprié.
Ah, tout paraît très long... Il faut souvent près d'un an et demi entre le moment où un roman est accepté par une maison d'édition et le moment où il paraît, puisque les éditeurs ont des plannings prévus longtemps à l'avance.

Sinon, je suis allée au Festival de la neige de Sapporo (à Hokkaido, l'île qui se trouve au nord de l'île principale du Japon). Pendant environ une semaine, les habitants (surtout les pompiers, d'après ce qu'on m'a dit) font des sculptures en glace et en neige. Certaines sont gigantesques. J'ai pu voir les gens en faire certaines et c'était très impressionnant.
 Le problème est qu'il neige tellement souvent que les sculptures ont tendance à être recouvertes par de la neige fraîche, ce qui les rend difficile à voir. J'ai eu la chance d'avoir deux jours dégagés quand je suis arrivée.


 Celle-ci était sans doute la plus belle. C'est une représentation métaphorique d'Ise Jingu, le temple le plus important du Japon (c'est le temple de la famille impériale, et là où se rendent les premiers ministres pour prier après leur élection au moment du Nouvel An).
On peut voir les hommes qui terminent de sculpter la neige... à l'aide de balais.
 



Au final, c'était très intéressant, même si marcher sur de la neige et de la glace en permanence était plutôt périlleux.
Cela m'a donné envie d'écrire un roman qui se passerait là-bas.
Peut-être le prochain ?
En tout cas, si vous passez par le Japon, je vous conseille de faire un petit tour par Hokkaido. Ils sont célèbres pour la bière et le crabe, mais c'est aussi un endroit intéressant à visiter.