dimanche 2 juin 2013

Sous l'eau qui dort

Sous l'eau qui dort est enfin sorti il y a quelques jours. J'ai commencé à travailler sur ce manuscrit il y a... presque dix ans. Comme quoi, avoir un livre publié peut parfois prendre du temps - n'écoutez pas ce que vous disent les éditeurs qui refusent vos textes : il ne faut jamais abandonner, vous finirez par trouver quelqu'un qui appréciera votre oeuvre ! Bon, après, l'attente est longue... Rien que le processus éditorial, entre le moment où le manuscrit a été accepté par l'Ecole des loisirs et la parution, a pris un an et demi. Mais je trouve que l'éditeur a fait un travail formidable sur le texte (et je ne dis pas ça pour qu'ils se sentent obligés de me publier à nouveau :p).

Ce roman a été au départ inspiré par l'univers des comics américains. Je voulais utiliser les codes de ce type de littérature, devenus familiers à la plupart des européens grâce aux multiples adaptations cinématographiques de comics au cours des dix dernières années, pour parler de problèmes de société qui se posent aussi bien en France qu'aux Etats-unis... bon, et de créatures qui font peur aussi.
D'ailleurs, je suis sûre que tous les lecteurs trouveront sans problème la scène qui fait référence à Spiderman. Non ? Allez, si vous avez vu Spiderman 1, elle est évidente. 
Le roman a aussi été beaucoup influencé par mes lectures sur l'histoire de la chasse aux sorcières, dont le livre d'Erica Jong que je cite en introduction. C'est un sujet que j'ai toujours trouvé intéressant d'un point de vue humain et historique. Il est fascinant de voir ce qui peut pousser des êtres humains comme vous et moi à participer à ce genre de folie collective, qui mène parfois aux pires atrocités.
Bien sûr, ce n'est pas un roman sur l'Inquisition et j'aborde beaucoup d'autres thèmes - l'amour, la mort, l'adolescence, toute l'horreur de l'existence des lycéens impopulaires (si vous avez été à l'école, vous savez de quoi je parle)...
 Et au final, ce n'est que de la fiction (quoi que... la situation de certains des personnages ont été inspirés d'une situation réelle - je vous laisse deviner lesquels). Une histoire se déroulant dans un village de fiction quelque part près de Chippewa Falls (qui existe vraiment !).
Si elle peut vous divertir pendant 400 et quelques pages, j'aurai déjà atteint mon but.
Mais, n'oubliez pas les mises en garde de la sorcière d'Erica Jong... il en faut peu pour que la foule s'emballe et sombre dans une violence qu'elle finit par regretter à un niveau individuel. Finalement, je trouve que ce rappel tombe plutôt bien, considérant les dérives des manifestations "contre l'Autre", ces jours-ci.
Pas vous ?

mercredi 20 février 2013

Hokkaido

Finalement, Sous l'eau qui dort paraîtra en mai. Je suis impatiente de le voir enfin en "vrai livre".
Le titre du roman à paraître chez Flammarion a finalement été décidé et devrait être Une histoire terrifiante : peur sur la ville. Il paraîtra le 19 juin.
Il faudrait écrire les romans suivants, à présent... Le manuscrit d'Alice Crane est terminé et je compte le relire la semaine prochaine avant de commencer à chercher un éditeur approprié.
Ah, tout paraît très long... Il faut souvent près d'un an et demi entre le moment où un roman est accepté par une maison d'édition et le moment où il paraît, puisque les éditeurs ont des plannings prévus longtemps à l'avance.

Sinon, je suis allée au Festival de la neige de Sapporo (à Hokkaido, l'île qui se trouve au nord de l'île principale du Japon). Pendant environ une semaine, les habitants (surtout les pompiers, d'après ce qu'on m'a dit) font des sculptures en glace et en neige. Certaines sont gigantesques. J'ai pu voir les gens en faire certaines et c'était très impressionnant.
 Le problème est qu'il neige tellement souvent que les sculptures ont tendance à être recouvertes par de la neige fraîche, ce qui les rend difficile à voir. J'ai eu la chance d'avoir deux jours dégagés quand je suis arrivée.


 Celle-ci était sans doute la plus belle. C'est une représentation métaphorique d'Ise Jingu, le temple le plus important du Japon (c'est le temple de la famille impériale, et là où se rendent les premiers ministres pour prier après leur élection au moment du Nouvel An).
On peut voir les hommes qui terminent de sculpter la neige... à l'aide de balais.
 



Au final, c'était très intéressant, même si marcher sur de la neige et de la glace en permanence était plutôt périlleux.
Cela m'a donné envie d'écrire un roman qui se passerait là-bas.
Peut-être le prochain ?
En tout cas, si vous passez par le Japon, je vous conseille de faire un petit tour par Hokkaido. Ils sont célèbres pour la bière et le crabe, mais c'est aussi un endroit intéressant à visiter.

vendredi 16 novembre 2012

Sous l'eau qui dort

L'eau qui dort a été rebaptisé Sous l'eau qui dort - un autre auteur avait eu la même idée que moi... avant moi ^^.
Il sortira début 2013 (c'est bientôt ! J'ai hâte - *trépigne*) dans une nouvelle collection de L'école des loisirs qui s'appelle "Romans".
Apparemment, c'est une collection destinée à un public plus âgé que leurs collections habituelles. Je suis presque un auteur adulte, je vais pouvoir crâner dans les salons du livre !

En attendant cette publication je travaille d'arrache-pied (si, si, je vous jure) sur Alice Crane, qui succède à Edencity.
Oui, je sais, ce n'est pas trop tôt, mais il a fallu du temps pour trouver une façon de continuer la série alors qu'elle appartient toujours à l'éditeur initial.
Bref, j'en suis à plus de 200 pages, donc je pense qu'on a dépassé la première moitié. Je vais essayer de finir tout ça rapidement pour pouvoir enfin mettre mon séjour au Japon à profit. Je prends des tonnes de notes sur tout ce que je vois et j'ai déjà prévu d'écrire plusieurs romans qui se déroulent ici, mais entre la catastrophe informatique qui m'a bloquée cinq semaines sans ordinateur (ne partez pas au Japon avec un Samsung, les japonais ne les réparent pas !) et les corrections à faire sur les trois romans à paraître l'année prochaine il est difficile de trouver cinq minutes pour écrire deux lignes.

Voilà, et maintenant je vais faire mes bagages pour un week-end à Kyôto.
Pas d'inquiétude, j'emporte un crayon et un carnet !

vendredi 2 novembre 2012

Edencity (chapitre 1)

Chapitre 1


- Disparu ? Qu’est-ce que vous voulez dire exactement par "disparu" ?


L’homme qui s’était présenté comme l’inspecteur Johnston me lança un regard scrutateur avant d’examiner la carte d’identité posée devant lui sur la table en Formica.

Ma carte d’identité.

Malgré sa chevelure courte complètement grise et les rides d’expression qui semblaient indiquer une tendance à froncer les sourcils, l’inspecteur Johnston n’avait de toute évidence pas plus d’une quarantaine d’années. Et à la posture inconsciemment crispée de son corps sec, j’aurais dit qu’un certain nombre de ces années avaient été plutôt stressantes.

Je remarquai que les rides au coin des yeux se prononçaient davantage quand il lisait. Ou peut-être que quelque chose ne lui plaisait pas dans ma carte d’identité.

J’humectai mes lèvres sèches et je m’éclaircis la gorge avant de parler. Le bourdonnement sourd et familier du réfrigérateur de la morgue me paraissait tout à coup assourdissant.

- Je suis allée déjeuner. Et quand je suis revenue... il n’était plus là.

L’inspecteur Johnston hocha la tête sans lever les yeux. Je gardai mon attention fixée sur lui pour éviter de regarder le policier roux qui se balançait sur sa chaise à sa gauche. J’avais évité de le regarder dès son arrivée pour ne pas avoir l’air de le dévisager, mais je gardai un souvenir précis de la cicatrice qui barrait la moitié droite de son visage de la tempe jusqu’au menton. Elle était flanquée de deux cicatrices plus courtes dont l’une déformait curieusement sa bouche, comme si un oiseau de proie avait essayé de lui ouvrir le visage d’un coup de serre acérée.

L’idée me vint que, s’il avait été mort, j’aurais été tentée d’examiner cette blessure de plus près. Elle paraissait ancienne. Un accident de voiture, peut-être ?

L’inspecteur Johnston m’observa un instant de ses yeux gris. Je savais qu’il me comparait à la photographie. Ils faisaient tous ça, la première fois. Ma carte d’identité ne contenait que peu d’informations. Rien d’extraordinaire. Une taille et un poids moyen, la couleur bleue de mes yeux, l’absence de signe distinctif, mon adresse… et mon âge, bien sûr.

Le deuxième policier que Johnston avait amené avec lui entra dans la morgue d’un pas assuré. L’agent Flynn, me souvins-je. Il était allé interroger d’autres membres du personnel de l’Hôpital Général. Il secoua la tête négativement en direction de l’inspecteur et il se dirigea vers les dossiers empilés sur mon bureau. Je resserrai ma blouse blanche autour de moi et je ne pus réprimer une grimace alors qu’il commençait à fouiller dans mes papiers et à les reposer en désordre sur la table. Le roux balafré avait déjà mis de la poudre argentée partout pour essayer de relever des empreintes.

Le Dr Fritz avait horreur du désordre.

Je fermai brièvement les paupières. C’était un cauchemar. J’allais bientôt me réveiller. Je pinçai discrètement la chair de mon bras. Mais la douleur était toujours présente, comme les huit fois précédentes.

Comment avais-je pu me mettre dans une situation pareille alors que je ne travaillais ici que depuis deux mois ?

- Vingt-deux ans ? demanda enfin l’inspecteur Johnston, brisant le silence qui s’était installé.

- Moi ? Oui.

Je n’étais pas surprise par l’inflexion incrédule de sa voix. Cette réaction m’était familière.

L’agent Flynn, qui était passé au bureau du Dr Fritz, s’arrêta pour nous écouter.

- Médecin légiste à vingt-deux ans ? dit-il.

Je hochai patiemment la tête.

- J’ai obtenu mon diplôme il y a cinq mois, précisai-je.

- Vous êtes un genre de génie, alors ? demanda Johnston, curieux.

Mal à l’aise, je haussai les épaules. Un genre de génie, c’était ce que la plupart des gens disaient. Mais je ne m’étais jamais sentie vraiment proche du portrait fait de ces gens dans les livres ou à la télévision.

J’avais fini mes études rapidement, voilà tout.

L’agent Johnston hocha la tête. Il nota quelque chose dans un carnet à spirale, puis se mit à taper un rythme infernal du bout de son stylo-bille sur la table autour de laquelle lui, moi et le roux balafré étions installés. Je respirai à fond pour éviter de lui faire une remarque et je tournai la tête vers le chariot métallique qui trônait au milieu de la salle d’autopsie. Le chariot sur lequel le corps aurait dû se trouver.

- Le dossier du cadavre a disparu aussi, dis-je, pour revenir à l’affaire qui nous occupait. Il n’avait pas encore été identifié.

Ma voix trembla un peu. Pourquoi fallait-il que cela arrive le jour où le Dr Fritz était à une conférence ? Le premier jour où j’étais responsable du service ?

- Vous l’avez juste laissé en plan pour aller casser la croûte ? demanda le roux balafré.

Il éclata de rire.

- Les génies, c’est plus ce que c’était, hein ?

- Mais... oui, répondis-je, soudain exaspérée. Il ne risquait pas de s’enfuir !

- La preuve que si, intervint l’agent Flynn.

Il dérangeait à présent tous les instruments posés sur le chariot.

Il m’adressa un sourire emprunt d’autant d’amusement que de compassion qui fit monter des larmes de frustration à mes yeux. Même l’inspecteur Johnston paraissait trouver tout ça drôle. Je pinçai les lèvres et j’essuyai discrètement mes yeux avant que les policiers ne remarquent ma détresse.

- C’était un cadavre ! Je ne suis encore qu’assistante et je n’ai pas le droit de faire d’autopsie sans supervision. Comme je vous l’ai dit, on m’a amené le corps vers onze heures et demie. J’ai rempli les fiches préliminaires et je l’ai mis au frais en attendant le retour du Dr Fritz. Ensuite, je suis allée déjeuner. Et quand je suis revenue, il avait disparu avec son dossier !

Je crispai mes deux mains sur ma jupe, ravalant la boule qui s’était formée dans ma gorge.

Perdre un cadavre au bout de deux mois de travail.

Le Dr Fritz allait me mettre à la porte. Je pouvais déjà entendre ma mère exulter quand elle l’apprendrait.

L’agent Johnston eut soudain l’air gêné.

- Ça va, Dr Crane. Ne vous mettez pas dans cet état. Vous êtes sûre que personne n’a pu déplacer le cadavre, ou le cacher pour vous faire une farce ?

- Non, dis-je. Nous sommes dans un hôpital, ici. Les personnes autorisées à pénétrer dans la morgue sont toutes des professionnels et personne ne se risquerait à corrompre des preuves en déplaçant un cadavre. Sans compter que les autres employés ne me parlent même pas. Alors me faire une farce...

L’agent Flynn arrêta enfin de fouiller mes affaires et s’approcha. Il ébouriffa ses cheveux châtains, puis enfonça les mains dans ses poches. Son manteau découvrait une arme passée à sa ceinture et j’étais presque certaine que le renflement qui gonflait la jambe de son pantalon, juste au-dessus de sa chaussure, n’était pas naturel.

Je jetai un rapide coup d’œil au roux balafré. Est-ce que quelqu’un lui avait littéralement refait le portrait ? Dans une ville où on ne pouvait même plus laisser un cadavre une heure sans surveillance, ça ne me semblait pas si étonnant.

- La fille à l’accueil n’a vu personne descendre pendant l’heure du déjeuner, dit Flynn. Mais elle a passé une demi-heure au téléphone avec son petit ami alors il se peut qu’elle eut un moment d’absence.

Les trois hommes se regardèrent et Johnston hocha la tête, comme si cette situation avait un sens.

- Vous pourriez me décrire ce cadavre, Dr Crane... Alice. Je peux vous appeler Alice ? demanda-t-il.

J’acquiesçai de bonne grâce. Je n’étais toujours pas habituée à entendre des gens m’appeler "Dr Crane", comme si j’étais quelqu’un d’important.

J’étais seulement Alice Crane, l’assistante légiste que même les cadavres fuyaient.

- Blanc, cheveux blonds, dis-je. Environ trente-cinq ans. Pas très grand, probablement autour d’un mètre soixante-dix mais avec un développement musculaire important. C’était sans doute un adepte de musculation. Il était habillé légèrement pour la saison : un tee-shirt à manches courtes, pas de manteau. Il avait quatre anneaux à l’oreille gauche et un tatouage.

Je fis glisser mon index sur mon propre bras.

- Un corps de femme à l’encre bleue sur l’avant-bras droit.

L’agent Flynn eut l’air impressionné.

- Eh bien, ça fait un paquet de détails pour un corps que vous n’aviez pas encore autopsié, Alice.

- Je suis observatrice, dis-je. C’est pour cela que je suis médecin légiste.

L’homme sourit encore d’une façon que je ne parvins pas à analyser, découvrant une rangée de dents jaunies. Un fumeur, sans doute. Je plissai les yeux, le mettant au défi de me contredire. Ce policier m’était antipathique, malgré le peu de mots que nous avions échangés. En réalité, ces trois hommes me mettaient mal à l’aise. Ils ne ressemblaient en rien aux policiers en uniforme qui patrouillaient dans les rues à la nuit tombée ou qui contrôlaient la circulation aux heures de sortie d’école.

Je sentais une trop grande tension en eux. Une vigilance de chaque instant dissimulée derrière leur attitude décontractée, comme si quelque chose d’horrible allait surgir de l’un des tiroirs métalliques numérotés du réfrigérateur de la morgue. Je devinais des muscles tels que je n’en avais vu que sur des militaires ou des sportifs se dessiner sous leurs vêtements.

Toute cette histoire était si irréelle que j’avais l’impression que quelqu’un allait m’annoncer que tout ceci faisait partie d’une émission de caméra cachée d’un instant à l’autre.

J’aurais vraiment aimé que ce soit le cas.

- Quelque chose d’autre ? demanda Johnston. Comment était-il mort ?

Je réfléchis, respirant l’odeur d’alcool que j’en étais venue à associer au sous-sol de l’Hôpital Général. À la mort.

Je devais avouer que le cadavre m’avait intriguée quand il était arrivé à la morgue. Ce n’était pas seulement son look de marin de troisième zone. Non, c’était plutôt l’étonnante apparence de vie qu’il possédait toujours malgré sa chair glaciale et un électrocardiogramme indubitablement plat.

- Je ne peux pas déterminer les causes de la mort sans autopsie, dis-je finalement. Il aurait fallu faire des analyses... Il n’avait aucune blessure apparente, seulement une trace de piqûre à la base du cou.

J’indiquai l’endroit approximatif sur mon propre cou.

- Une piqûre ? Comme une piqûre de moustique ? demanda Johnston.

Je secouai la tête.

- Plutôt comme une seringue.

- Alors, vous pensez qu’on lui a fait la peau ? demanda le roux balafré.

- Je ne sais pas, dis-je. Il est possible qu’on lui ait injecté quelque chose qui a provoqué le décès, mais je n’ai plus aucun moyen de le déterminer aujourd’hui.

Une idée me frappa soudain.

- Attendez, vous pensez que cet homme a pu être assassiné ? Que l’assassin aurait pu venir voler le cadavre pour empêcher qu’on découvre quelque chose à l’autopsie ?

Je levai les yeux vers le plafond. J’avais peut-être eu la preuve d’un meurtre entre les mains et je l’avais laissée échapper.

- Oui, enfin, ce n’est qu’une hypothèse. Vous n’avez pas de caméra de sécurité, ici ? demanda Johnston.

- Pas dans la morgue, dis-je. Mais...

Je me levai brutalement. Quelle idiote je faisais !

- Il y en a une dans le hall d’entrée, dis-je. Et aussi une dans l’ascenseur. Peut-être ailleurs, je ne sais pas. Je ne pense pas que quelqu’un soit ressorti par l’entrée principale avec un cadavre sous le bras par là, mais il a bien dû rentrer.

- Il y a d’autres sorties ? demanda Johnston.

- Oui, une à l’arrière du bâtiment, vers les poubelles de l’hôpital, et une qui conduit au parking réservé au personnel.

- Il a pu les emprunter ?

- Pour sortir, oui, mais pas pour entrer : nous disposons d’un passe pour les déverrouiller. On ne peut pas laisser du matériel médical sans surveillance. À cause des junkies.

- Très efficace, marmonna le policier resté debout.

- Ça va Flynn, le réprimanda Johnston. Laisse tomber.

L’agent Flynn leva les mains devant lui en signe de reddition.

- Je vais vérifier la caméra, dit-il.

Johnston acquiesça, puis il se tourna vers moi. Je retins un soupir, m’apprêtant à répondre à un nouveau barrage de questions.

L’agent Flynn revint un quart d’heure plus tard : les caméras avaient toutes cessé de fonctionner. Rien n’avait été enregistré depuis midi. Je sentis mon cœur aller s’écraser quelque part entre mon pancréas et mon estomac. J’avais bien vu à la tête des policiers qu’il n’y avait aucune empreinte exploitable sur le réfrigérateur ou la porte de la morgue. Sans caméra de surveillance, mes derniers espoirs de voir le voleur identifié s’envolaient.

Avant de partir, l’agent Johnston me donna sa carte et me demanda de l’appeler s’il se passait quoi que ce soit d’autre. Puis lui et le roux balafré sortirent en me promettant de me tenir au courant des suites de l’enquête.

L’agent Flynn traîna derrière et regarda une dernière fois les dossiers entassés sur le bureau du Dr Fritz comme s’il espérait que celui du cadavre disparu allait réapparaître par magie. Il se redressa et passa la main dans ses cheveux, contemplant la morgue puis la salle d’autopsie à la manière d’un champion de puzzle qui s’apprête à rassembler les morceaux d’un tableau particulièrement compliqué. Je ne l’avais pas vraiment bien regardé avant. C’était l’agent Johnston qui avait tout de suite pris les rênes de l’interrogatoire et le roux balafré avait un physique trop saisissant pour que je fasse très attention à son collègue. Il était jeune. Une petite trentaine d’années, sans doute. Ni lui ni le balafré n’avaient précisé leur grade en arrivant, mais je doutais que la police ait dépêché trois inspecteurs pour une disparition de cadavre. De simples agents de police, sans doute.

Flynn me regarda. Je détournai les yeux, consciente que je le dévisageais.

Il s’éloigna enfin du bureau, prêt à partir. Puis il se retourna vers moi et m’adressa un dernier sourire compatissant.

- Désolé, dit-il d’un ton sincère qui me glaça jusqu’à la moelle.

Puis il tourna les talons et sortit sans plus de cérémonie.

Je regardai la porte battante se refermer derrière lui avec désespoir.

Je pensais que la police réglerait mes problèmes. Que les policiers se moqueraient gentiment de moi et qu’ils retrouveraient le corps. Jusqu’où pouvait-on aller en transportant le cadavre d’un homme adulte sans que personne ne vous remarque, dans cette ville ?

J’enfouis mon visage dans mes mains et laissai échapper un rire incrédule.

Il fallait que j’appelle le Dr Fritz.

mardi 14 août 2012

Les vampires de Colin Hawkins

On parle aujourd'hui beaucoup de vampires, ce en grande partie à cause de la mode lancée par Twilight. Il a dix ans, quand j'ai écrit Edencity, je me suis heurtée à des éditeurs qui pensaient tous que le vampire était has been et qui cherchaient des histoires de dragon.
Eh oui, les modes...
 Mais le vampire sera jamais has been ! Ce serait à l'encontre de sa nature profonde. Il n'est donc jamais trop tôt (ni trop tard), pour commencer à se renseigner à leur sujet.
Le livre le plus évident, quand on parle de vampires, est bien sûr Dracula. Je l'avais moi-même présenté à ma classe en 5ème lors d'une fiche de lecture orale sous l'oeil horrifié d'un professeur de français très conservateur (le Dracula en question faisait partie d'un recueil que je recommande à tout amateur de littérature vampirique : Vampires : Dracula et les siens qui contient vingt-quatre textes plus ou moins longs, dont la nouvelle moins connue de Stoker L'invité de Dracula). Mais je tends à penser qu'un véritable amateur de vampire doit être formé le plus tôt possible.
Qui sait quand vous pourriez avoir besoin de vos connaissances en la matière...
Dracula est un peu compliqué pour être lu avec un enfant de moins de dix ans. Est-ce une raison pour abandonner la formation de votre apprentie Anne Rice ? Que nenni ! C'est là qu'entre en scène les très estimés Colin et Jacqui Hawkins.
 Les Vampires est un ouvrage indispensable pour initier les plus jeunes au fantastique (sans leur faire peur ^^). Les Sorcières, du même auteur, est également une lecture fort recommandable pour former un futur connaisseur en matière de fantastique. J'ai pour ma part été convaincue que ma propre grand-mère correspondait trop bien à la description de la sorcière moderne pour que ce soit innocent pendant de longs mois après avoir lu ce dernier ouvrage (à ma décharge, elle avait un chat et collectionnait un nombre d'herbes aromatiques suspectes impressionnant).
Ces ouvrages sont tous les deux très drôles, avec des dessins formidables, et si vous ne les avez pas encore lus... eh bien, c'est sans doute la seule occasion que vous aurez jamais d'apprendre la meilleure méthode de reconnaître une sorcière faisant du stop ou de savoir distinguer un vampire normand d'un autre au premier coup d'oeil.
Des classiques : je ne saurais trop les recommander !

lundi 13 août 2012

Blog ?

Cher(ère) lecteur(rice),

eh bien, voici mon premier message... Cela fait des années qu'on me dit qu'un auteur devrait avoir un blog / site ou quelque chose de ce genre et je n'avais jamais eu le courage de m'y mettre. De fait, c'est la première fois que je tente de tenir quoi que ce soit nécessitant un minimum de connaissances informatiques. Les débuts ont été dramatiques (qui aurait cru que créer un lien vers un chapitre de roman pourrait résulter en un après-midi de frustration et aboutir après la lecture de dizaines d'articles d'"aide" ?), mais je pense que, maintenant qu'il ne s'agit plus que de faire des phrases avec des mots dans la partie "messages", je devrai m'en sortir.

Pour commencer, quelques mots au sujet de ce blog. Si vous êtes arrivés ici par hasard, je suis un auteur de romans fantastiques destinés au public que l'édition qualifie avec snobisme de "Young Adult" (bref, si vous avez entre 12 et 35 ans, vous êtes bons... ^^) et je signe sous le nom de "N. M. Zimmermann".

Ce blog traitera donc essentiellement de littérature fantastique, du travail d'auteur, et de l'état d'avancement de ma propre production. Je profiterai aussi de ce site pour mettre en ligne quelques passages de mes manuscrits en cours. Vous pouvez également lire des extraits de mes livres  publiés ou à paraître sous les rubriques correspondantes. Outre ces réflexions, je m'expatrie à partir du mois de septembre pour un an afin de travailler sur une série fantastico-historique se déroulant au Japon. Il est donc probable que je parlerai assez souvent de ce pays - ça changera un peu des livres ^^.

C'est tout pour la présentation. Si vous avez des questions sur le travail d'auteur, mes propres livres ou éventuellement le pays du Soleil levant, n'hésitez pas à me contacter ici ou via Facebook !